Château de la Chèze
Depuis le Moyen Âge, le village de La Chèze et son territoire traversent une histoire riche et passionnante. Le village s’est développé au pied d’un premier château autour duquel la rivière du Lié s’immisce naturellement.
L’histoire du château est intimement liée à celle de la famille de Rohan. Peu à peu, la forteresse devint obsolète face aux progrès de l’artillerie et fut progressivement abandonnée. Ses pierres servirent ensuite de carrière pour la construction de nombreux bâtiments des alentours.
Aujourd’hui encore, la dernière tour restaurée demeure le symbole de cette ancienne forteresse médiévale. Autour du château, le petit patrimoine rural témoigne également du mode de vie d’autrefois.
Aux origines du château
Le site fut probablement d’abord un lieu fortifié bâti à la fin du XIIe siècle par le comte de Porhoët et vicomte de Rennes, Eudon II, sur un éperon schisteux dominant la vallée du Lié.
Cette position stratégique permettait de défendre le territoire à plusieurs lieues de Josselin.
C’est vraisemblablement son fils, Eudon III, qui fit construire l’actuel château entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle.
Le château constituait alors le principal verrou défensif de la vallée du Lié, en bordure d’une route importante à l’époque. Ses défenses naturelles faisaient de lui une place forte particulièrement difficile à prendre.
Le château et la famille de Rohan
En 1231, le mariage d’Aliénor, également appelée Éléonore de Porhoët, dame de La Chèze, Lanouée et Loudéac, avec Alain V, vicomte de Rohan, fit entrer le château de La Chèze dans la famille des Rohan.
Aliénor est connue pour avoir exempté de la taille les habitants du bourg de La Chèze en 1267. Elle passa les dernières années de sa vie au château avant d’être enterrée à l’abbaye de Lanthénac.
Plus tard, grâce au rattachement de la châtellenie de Josselin et au mariage de la fille aînée d’Olivier V de Clisson, futur connétable de France, le château fut remanié et le donjon octogonal construit à la fin du XIVe siècle.
Aux XIVe et XVe siècles, le château devint la principale résidence des Rohan et l’un des hauts lieux du pouvoir politique breton.
En mars 1461, Jean II de Rohan y épousa Marie de Bretagne, fille du duc François Ier de Bretagne.
Guerres, sièges et destructions
Le château subit de nombreux sièges et destructions au fil des siècles.
Il fut notamment touché pendant :
- la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364),
- la guerre de Cent Ans (1337-1453),
- ainsi que lors des conflits opposant les grandes familles bretonnes.
Sa position stratégique en faisait une place militaire importante en Centre Bretagne.
Le déclin du château
À partir du XVIe siècle, le château connut un lent déclin.
Les progrès de l’artillerie rendaient progressivement les forteresses médiévales vulnérables. Les seigneurs recherchaient également davantage de confort dans des résidences plus modernes.
Les Rohan privilégièrent alors le château de Josselin.
En 1629, à la suite des guerres de Religion, le château fut démantelé sur ordre du cardinal de Richelieu.
Son véritable arrêt de mort intervint au XVIIIe siècle. En 1723, une partie des pierres fut vendue à la paroisse de Loudéac afin de servir de carrière.
Ces pierres furent notamment utilisées pour construire l’église Saint-Nicolas ainsi que plusieurs bâtiments chéziens.
Sauvegarde et restauration
Aux XIXe et XXe siècles, les ruines furent peu à peu envahies par la végétation.
En 1836, il subsistait encore :
« un édifice flanqué de neuf tours dont cinq étaient encore apparentes ».
Le site fut acquis par la commune en 1979.
Depuis cette date, plusieurs associations participent activement à l’entretien et à la valorisation du château :
- travaux d’élagage,
- désherbage,
- fouilles,
- sécurisation du site,
- animations et événements.
L’association Blues au Château contribue à l’entretien et à la sauvegarde du patrimoine culturel en finançant les projets de réhabilitation du château.
En 2005, la création de l’association pour la sauvegarde du château permit de lancer un véritable projet de réhabilitation.
À partir de 2015, des bénévoles entreprirent la restauration de la tour d’angle octogonale.
Le château de La Chèze constitue aujourd’hui l’un des rares et des plus anciens sites du patrimoine médiéval des Côtes-d’Armor.
Les vestiges visibles aujourd’hui
Plusieurs éléments du château sont encore visibles :
- la tour polygonale restaurée,
- des fragments de courtine,
- la base des quatre tours circulaires,
- un passage souterrain creusé dans le massif,
- les anciens fossés transformés en promenade.
Pour des raisons de sécurité, il est interdit d’entrer au milieu des ruines. Il est toutefois possible de se promener autour du site.
Un site protégé
Les vestiges du château de La Chèze sont classés au titre des Monuments Historiques depuis le 26 septembre 2005.
Le site constitue également une réserve archéologique.
La Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) rappelle que l’utilisation de détecteurs de métaux à des fins archéologiques est interdite sans autorisation administrative préalable.
En cas de découverte fortuite d’un objet archéologique, il convient de prévenir la mairie.
Les contrevenants utilisant un détecteur de métaux sans autorisation s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 €. Une fouille clandestine constitue quant à elle un délit passible de 7 500 € d’amende.
🎧 À écouter et à découvrir
🎙 Écoutez un extrait de l’émission radio « Balades en Bretagne » – RCF Sud Bretagne du 18 août 2022.
🎥 Découvrez également : L’histoire (décalée) du château de La Chèze réalisée par la Junior Association Blues au Château.